Trek – Jour 3 : Lama Hotel (2240 m) – Ghora Tabela ( 2900 m ) – Langtang Gumpa (3400 m)

  • 10 km
  • + 1000 m
  • 5h

Les massages ont calmé les courbatures mais on les sent quand même passer. Après un bon petit-déjeuner où on goûte du pain tibétain (ça ressemble à un pain pita mais plus épais), on rempli nos gourdes avec le filtre et on est paré.

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Le début du parcours est sympa car il n’y a pas trop de pente. Le terrain alterne entre roche et terre selon que l’on longe la rivière ou que l’on s’en écarte pour s’enfoncer dans la forêt. On passe près de cascades, toujours en longeant la rivière, puis on s’arrête quelques temps dans un endroit avec une vue superbe pour laver un peu nos chaussettes.

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Sur le chemin, on voit beaucoup d’oiseaux qu’on n’a jamais vus, parés de superbes couleurs. Par moments, ça grimpe quand même, mais rien à voir avec la journée d’hier. Il y a des passages assez difficiles à causes des nombreux éboulis causés par le tremblement de terre. Il faut escalader de grosses roches, ou des troncs d’arbres, qui bougent parfois sous les pieds.

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Sur notre route, on croise aussi beaucoup d’ânes que les villageois utilisent pour transporter des vivres d’un lieu à l’autre. Au fur et à mesure qu’on avance, on ne peut que s’émerveiller de l’impressionnant panorama qui s’offre à nous : tantôt devant ou derrière nous, d’immenses pics apparaissent, la blancheur de leur neige éblouissante. Outre les montagnes, les rhododendrons géants nous en mettent plein la vue dévoilant leurs couleurs allant du rouge au blanc en passant par les nuances de roses. La variété d’oiseaux et de papillons est tellement incroyable ! On n’a jamais vu ça. A plusieurs occasions, nous avons vu de petits écureuils.

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Le peu de villages qu’on croise, et qui constituent nos étapes, sont minuscules et très sommaires. Pas plus de deux ou trois familles vivent là, dans des maisons de bois et de pierres mais malgré la précarité apparente, les gens qui vivent là sont mieux lotis que les pauvres de Katmandou. Ils sont pauvres certes, mais au moins, ils ont un logement décent et l’entraide règne dans les villages. Les travaux sont difficiles et l’argent rare. Les gens ici vivent de l’agriculture, des carrières environnantes, et du tourisme. Comme il n’est pas possible de tout faire à la montagne, les népalais doivent descendre dans les vallées pour se procurer les vivres qu’ils rapportent sur leurs dos. Les charges sont impressionnantes et certaines semblent faire le même poids que ceux qui les portent.

Lorsqu’on arrive près des sommets, à environ 3000 m, on commence à découvrir les premiers ravages du tremblement de terre : le paysage qui commençait à se faire de plus en plus aride et rocailleux devient désormais désolant. Tout autour de nous, des pierres : celles qui sont tombées de la montagne sont facilement reconnaissable de celles qui constituaient autrefois des maisons. D’autres débris sont aussi entassés : d’anciens montants de portes ou de fenêtres, quelques morceaux de tôle, des restes de bâches en plastique, … . Le plus affligeant, c’est qu’il n’y a plus personne ni aucune maison aujourd’hui.

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Juste après les premiers terrains dévastés, nous arrivons à Ghora Tabela où une seule lodge est restée debout. C’est là qu’on décide de prendre le déjeuner. La vue autour du village est unique : on voit les villages étapes au loin, entourés des montagnes et encerclé par les plus hauts pics dont la blancheur de la neige contraste avec le gris de Langtang. Après un nouveau Chow Mein, c’est reparti direction Langtang : le long du chemin, on avait croisé un homme très sympa qui nous avait parlé de sa lodge à 3400 m. C’est là que nous allons.

_DSC0258 Un peu après Gora Tabela, on passe devant un petit autel boudhiste où un moulin à prières est sensé tourner grâce au débit du ruisseau qui le traverse. Le chemin n’est pas trop difficile. Plusieurs fois, on passe par des terrains sinistrés qui furent autrefois des villages, et où quelques cabanes ont été reconstruites à partir des débris pour abriter les survivants.

La beauté du paysage environnant tranche avec la désolation ambiante.

On arrive finalement à la lodge de la famille dont nous avions rencontré le père. Après une petite douche (chaude!) avec vue sur les pics, et le petit bémol du vent frais qui passe sous la porte, nous prenons un thé chaud au lait de yak. Une peu plus tard, Jangchu, le fils de notre hôte, nous propose de monter la pente derrière la maison pour essayer de photographier des « Dafés » (Lophophorus en français), l’oiseau emblématique du Népal.

On grimpera beaucoup mais ces petites bêtes marchent très vite, plus vite qu’elles ne volent ! L’opération est un échec. On en verra mais seulement de loin. Jangchu nous montre des traces dans la terre et nous explique que ces dégâts sont causés par les sanglier qui vivent sous les immenses rocs. Il nous parle de son école et de son envie d’apprendre le français. Il explique qu’un touriste, un jour, lui a donné un livre pour apprendre mais il a été perdu dans le tremblement de terre. On lui parle de notre école et on lui promet de passer déposer un livre à son école pour lui permettre de continuer à apprendre. En redescendant, Laura ose enfin lui demander ce qui est à l’origine de tous les arbres qui sont couchés sur l’autre flanc. De là où on est, il nous montre le nouveau village de Langtang, l’ancien se trouve sous la couche grise…

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_DSC0333 Auparavant, se trouvait là une petite plaine très verte, avec un grand village, mais lorsque le tremblement de terre a eu lieu, cela a causé une gigantesque avalanche. La neige et des pans entiers de la montagne qui surplombait le village l’ont enterré pour toujours, soufflant les arbres du versant opposé qui se sont couchés, tous, qu’ils aient été en haut ou en bas, sous la violence du choc.

Jamais nous n’avions imaginé ce que les gens avaient pu vivre dans cette montagne. L’air songeur, Jangchu nous dit que beaucoup de personnes sont mortes ce jour là, et très peu ont pu être identifiées par leur famille. Demain, c’est là que nous marcherons, sur le village enterré.

_DSC0325 Quand on commence à redescendre, les nuages les plus lourds sont tombés au creux de la vallée, et les plus léger flottent à 50 m au dessus de nos têtes. De retour à la lodge, on rencontre une famille d’israéliens avec qui on discute un peu et qui nous prend en photo avec les enfants de la lodge. Ils nous demandent notre adresse mail pour nous envoyer les clichés. Après avoir dégusté de bons ti-momo (beignet tibétain) et dhendo (purée d’orge), nous nous posons tranquillement pour lire et écrire. La journée du lendemain va être reposante : seulement 3 h de marche pour respecter les paliers d’altitude et rejoindre Kyangin Gumpa, le dernier village avant de s’attaquer au pic le surlendemain.

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