Trek – Jour 1 : Dhunche (1950 m) – Thulo Syabru (2200m) – Bamboo (1950 m)

  • 20 km
  • +/- 1500m
  • 8 h _DSC0013

Le réveil est beaucoup plus sympa que la nuit qu’on a passé : l’humidité de la chambre a empli nos narines, l’orage faisait rage et les lits n’étaient vraiment pas très confortables. Heureusement, le lendemain matin, on a la bonne surprise de se réveiller sous un ciel dégagé et avec une vue splendide sur le massif de Paldor dont les sommets enneigés culminent à plus de 6000 M.

Après un petit déjeuner rapide, on se met en route pour Thulo Syabru. Au début de notre marche, on ne fait que suivre la route principale : on passe des habitations de fortunes et des femmes occupées à casser des pierres. Une par une, elles brisent de grosses roches en petits cailloux qui serviront pour des constructions. Cette portion de route n’a rien d’extraordinaire mais nous pouvons voir les pics enneigés au loin. Quand on voit ça, on se dit qu’on y arrivera jamais : Kyangjin, notre objectif, se trouve à plus de 4000 M d’altitude.

_DSC0044Sur le chemin, à Thulo Barku, on rencontre Pasang, un népalais de la caste Tamang, qui doit lui aussi se rendre à Thulo Syabru pour y apporter du riz. A la manière de Sherpas, il porte sa lourde charge grâce à un bandeau sur son front. Heureusement qu’il est là pour nous guider un peu parce que le chemin à suivre n’est pas toujours évident sur cette zone du trek.

_DSC0054On passe à travers les bois, sous les premiers rhododendrons dont les fleurs rouges sont les seuls contrastes au milieu de la végétation. Ça grimpe beaucoup mais le chemin de terre est pratique. Entre la jungle et la forêt tropicale, la flore est impressionnante et nous longeons tout au long les pics scintillants de neige.

_DSC0102Arrivés à Barabal, on croise les premiers singes de la région, les singes blancs ou « seto bander » en Tamang (Hanuman en népalais). Ils sont très nombreux à sauter de branche en branche. C’est ici qu’on s’arrête pour faire une pause et boire un thé. Laura qui n’aime pas trop le lait, trouve que celui des yaks est un délice et elle est contente de pouvoir en commander. Ces bêtes ont l’air d’avoir la vie tranquille car on en a vu sur le chemin qui broutaient librement dans les bois.

_DSC0090On repart ensuite tranquillement puis on laisse Pasang en chemin mais on se fait vite une nouvelle compagne de route : Utsing. Elle tient une lodge à Thulo Syabru et nous explique comment la vie a changé depuis le tremblement de terre. Elle est descendue à Barabal pour acheter du beurre de yak, dont le prix à doublé depuis la catastrophe, pour sa lodge. Elle raconte comment le gouvernement népalais garde l’argent de l’aide internationale au lieu de le distribuer à ceux qui en ont besoin. Encore aujourd’hui, certains n’ont pas de maison où dormir et d’autres se démènent pour rembourser l’argent qu’ils ont dû emprunter. Ce tremblement de terre a vraiment transformé le paysage économique : les prix ont globalement augmenté, phénomène qui s’est aggravé avec la raréfaction des touristes.

_DSC0103On décide de s’arrêter manger chez elle. Le village offre une vue imprenable sur la chaîne du Langtang. En contrebas, des hommes et des femmes travaillent à réparer un bâtiment qui s’est écroulé. En discutant avec le mari de Utsing, Chhimmi, on apprend qu’il utilise aussi le tourisme pour envoyer des enfants dans des écoles de Katmandou. Ça nous parle et on décide qu’au retour on ira rendre visite aux deux enfants qui, selon lui, n’ont pas une bonne situation familiale, pour faire un petit rapport à Saru au cas où elle aurait de la place pour eux à l’internat. Après cette petite pause, on décide de repartir pour Bamboo, car il n’est que 14h30. Et c’est la notre erreur en ce premier jour.

_DSC0108Une quinzaine de minutes après notre départ, le ciel s’assombrit et l’orage commence à gronder. C’est là qu’on espère ne pas finir sous une pluie torrentielle. Depuis le haut des collines, on voit un pont suspendu : c’est ce qu’on doit viser pour se rendre à Bamboo. On a de la chance parce que, même si ça tonne, il ne pleut pas encore. Lorsqu’on arrive au pont suspendu, c’est assez impressionnant : Sous nos pieds, la rivière bouillonne. La suite du chemin passe à travers une forêt qui ressemble davantage à une jungle. La végétation est dense, il y a beaucoup de bambous et de singes. Par endroits, le sol est marécageux. Ça ne nous empêche pas de tomber sur un animal beaucoup moins exotique : au milieu du sentier, un âne broute tranquillement.

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_DSC0114Ce tronçon à travers la jungle est vraiment éprouvant puisqu’il s’agit d’une série de montées et de descentes interminables, sur un terrain de plus en plus rocailleux. En plus, il se met finalement à pleuvoir. Nos pas sont de moins en moins sûr et nos chevilles en prennent un coup. La pluie fait coller nos vêtements à la peau et il fait trop chaud pour porter nos K-way. Laura se sert du sien pour protéger ses cheveux et son sac. Heureusement que Quentin nous a trouvé 2 bons bâtons car les descentes sont difficiles.Après 2 bonnes heures de marche, un homme nous propose une chambre dans une cabane en tôle mais nous avons fait trop d’efforts pour finalement dormir dans un endroit trop inconfortable.

Notre itinéraire longe la rivière qui ressemble de plus en plus à un torrent. Une heure de marche fatigante plus tard, Laura est au bout de ses forces et les chevilles de Quentin sont douloureuses. Lorsque nous arrivons finalement à Bamboo, qui porte assez mal son nom puisqu’il n’y a pas un bambou autour, le gérant de la première lodge nous invite à venir nous abriter. Il nous propose une chambre à 200 NPR avec la possibilité de prendre une douche chaude. Le village surplombe le torrent et la douche consiste en une petite cabane où l’eau de la rivière est pompée et chauffée au gaz. Régler la température est un challenge mais après la journée qu’on vient de passer, c’est un moindre mal.

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On va ensuite tranquillement se poser dans la salle à manger de notre hôte, une petite pièce en bois avec des tables se faisant face, autour d’un poêle à bois. On commande une assiette de « fried rice » avec des légumes et un bol de « thukpa », une sorte de soupe tibétaine aux nouilles et aux légumes. Avant que nos plats arrivent, le gérant entre dans la pièce avec le doigt en sang : il s’est broyé le doigt entre 2 pierres. Quentin va chercher la trousse pour qu’on le soigne. Ça n’est pas beau à voir, la plaie est sale. On espère qu’il va suivre nos conseils pour la nettoyer.

Le soir, on ne fait pas long feu. Au chaud sous nos duvets, à lire au son de l’eau qui se fracasse dans le torrent, on ne tarde pas à s’endormir.

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