Bhaktapur – l’arrivée

Après la semaine de voyage avec les enfants, nos vraies vacances commencent.

Le samedi-midi, nous sommes invités à déjeuner chez Aama, la maman de Pramod, pour célébrer la fin de l’hiver et le solstice. Pour cela, on doit boire le thé en mangeant des racines bouillies, un genre de manioc, avec du sucre de canne caramélisé et des bonbons au sésame. Après le déjeuner, la sœur de Pramod nous initie sérieusement à la méditation. Elle commence par expliquer le fondement de cette pratique : nous sommes constitués d’un corps physique, d’un corps mental et d’une conscience (ou âme chez les croyants). Au même titre que le corps physique doit être approvisionné en nourriture, et le corps mental doit recevoir des distractions pour bien fonctionner, la conscience quant à elle, doit recevoir silence et paix par le biais de la méditation. Il s’agit de s’écouter et contempler ses pensées, de donner de l’attention à son inconscient

Il existe différentes pratiques pour cela : comme des exercices de respiration, de contemplation etc. Elle commence par nous faire faire un exercice de respiration où il s’agit de visualiser l’air frais, pur, qui rentre par notre bouche, va dans nos poumons et circule dans notre corps, puis ressort chargé d’énergies négatives, de toxines.

L’exercice dure 10 min. C’est assez relaxant mais unique pour chacun. Quentin se laissait de moins en moins distraire par les bruits extérieurs alors que Laura les écoutait sans oublier de contrôler sa respiration. Le 2ème exercice consiste à « contempler ses pensées sans les contrôler », verbaliser nos pensées pour qu’elles sortent de notre tête jusqu’à ce qu’il ne reste rien. C’est très difficile voir impossible, mais cela nous a donné envie d’essayer de temps à autres, car même si nous deviendront pas des maîtres de la méditation, c’est très relaxant.

Après cette petite initiation, il est temps pour nous de partir pour la 3ème cité historique de la vallée de Katmandou qui fut jadis l’un des trois royaumes : Bhaktapur, la cité de l’agriculture.

Après20170118_0001 un 1er bus local, nous arrivons à Ratna Park, l’un des endroits les plus massivement peuplé de Katmandou. Nous devons prendre un 2ème bus ici, mais nous ne savons pas où. Un petit papi Newari nous demande où nous allons et décide de nous emmener jusqu’à la zone du quartier d’où partent les bus. Ce papy sera très content de nous entendre parler népalais et mènera même Quentin par la main comme un ami. Car oui il faut savoir qu’au Népal, les hommes qui sont amis se tiennent souvent par la main, l’épaule ou la hanche dans la rue ! Cet homme plein de gentillesse nous mène donc jusqu’à notre bus où nous avons la chance de pouvoir nous asseoir.

Deux20170118_0045 heures plus tard, nous arrivons à Bhaktapur et il fait presque nuit. C’est une cité médiévale aux rues pavées et aux maisons très anciennes, encore une fois à l’architecture Newari. On se met vite en quête d’un endroit où loger pour la nuit mais sur le chemin nous croisons déjà beaucoup de temples.

Lorsque nous arrivons sur Durbar Square, la place principale, la nuit est tombée mais quelques ampoules révèlent les 1ère merveilles de ce lieu : la Golden Gate, les temples, les pilliers, la cloche, … mais aussi beaucoup de dégâts causés par le tremblement de terre. Des édifices autrefois immenses à en croire le tas de pierre qu’il en reste, ont été complètement rasés. Seules restent les statues aux entrées des temples, pour témoigner de leur grandeur passée. Nous attendons avec impatience que la lumière du jour nous en révèle plus.

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Le jour se lève sur la cité médiévale. La lueur rose pâle du soleil vient carresser le toit des temples. Tout dort encore. Nous découvrons Durbar Square de jour. Le spectacle est unique, merveilleux et désolant à la fois.

 

On20170118_0042 réalise l’ampleur des dégâts qu’a subi la ville et on imagine la détresse des gens lorsqu’ils ont vu leur patrimoine s’éffondrer sous leurs yeux.

 

 

Le premier temple que l’on croise et qui se tient encore debout est porté par de magnifiques poutres aux décorations érotiques.

20170118_0014Juste derrière, une imposante cloche se tient debout face à la Golden Gate : Taleju Bell. Le roi Jaya Ranjit Malla avait commandé sa construction en 1737 pour sonner l’heure des prières.

 

En20170118_0030 face, l’imposante porte encastrée dans les murs blancs du palais expose Garuda, le véhicule de Vishnu, luttant contre des serpents. Au dessous, on peut voir Taleju Bhawani avec ses 4 têtes et ses 10 bras, la déesse de la famille Mala. La construction de cette porte a commencé au début du 18e siècle et s’est terminée à la fin de ce même siècle, durant l’âge d’or de l’architecture Newari. Cette entrée donne accès au “Palace au 55 fenêtres”, dont les façades sont ornées de fenêtres Newari en bois, qui laissent voir sans se faire voir.

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Palace au 55 fenêtres

En face de la porte, la statue du roi Bhupatindra Mala est perchée sur une colonne, avec à ses pieds, les ruines du temple Vatsala Durga dont il ne reste que quelques statues d’éléphants. Construit en 1699, il s’agit du dernier pillier royal de la vallée qui soit toujours debout et qui ait survécu au dernier tremblement de terre.

Sur la gauche de la place du palais, presque tout est détruit.

De gros blocs de pierre et de majestueuses statues d’éléphants, de sphinx et autres créatures, témoignent de la grandeur des édifices qui se trouvaient ici.

A droite, de plus petits temples sont restés debouts. Lorsqu’on quitte la place, on réalise que les temples et bâtiments historiques peuplent toutes la villes.

A la sortie de la place principale, on tombe sur les statues de Ugrachandi (Durga) exécutant un démon à l’aide d’armes Tantric, symbolisant la victoire de la sagesse sur l’ignorance, et Bhairab (Shiva) tenant dans une main un trident orné de têtes coupées et dans l’autre une coupe remplie de sang humain. La légende raconte qu’on a fait couper les mains du sculpteur pour l’empêcher de reproduire cette pièce.

Une fois qu’on a traversé la place principale, on se met à la recherche de Potter’s Square, la place des potiers mais on se perd facilement dans les petites rues de Bhaktapur. Heureusement, une femme qui nous voit chercher sur notre carte nous demande ce qu’on cherche et nous emmène par de petites ruelles.

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La petite place porte bien son nom : partout autour, des vendeurs de céramiques exposent leurs créations, de grands pots pour conserver la nourriture, des petites figurines représentant divers animaux, des petits porte-clés, etc. Dans une des petites ruelles adjacentes, on tombe sur un vendeur qui nous montre les “fours” où les poteries sont cuites. Le tas de cendres est impressionnant.

 

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On se met ensuite en route pour trouver la rivière qui traverse Bhaktapur et au bord de laquelle se trouvent des champs cultivés et apparemment, des temples.

 

Les20170118_0070 nombreux champs qui bordent les habitations à l’extérieur de la ville, le long de la rivière, nous rappellent le sens de Bhaktapur : la ville de l’agriculture. Quant aux temples, on en remarque facilement quelques uns, comme la statue d’Hanuman qui borde la rivière et qui ne semble avoir pour spectateurs que des cochons sauvages, mais par chance, un fermier des alentours nous invite à le suivre et nous emmène découvrir quelques merveilles inconnues de notre guide. Il est si gentil et si fier de nous montrer les temples et statues des dieux qu’il prie que nous décidons de faire un don à ce petit lieu de culte de quartier. Les structures sont nombreuses : Hanuman, Shiva, la statue d’un dieu couché dans un bassin …

On décide de se rendre à Tachupale Tole pour déjeuner, une autre place de Bhaktapur. Lorsqu’on arrive, une foule d’étudiants se tient derrière des stands pour présenter leurs travaux sur les constructions anti-sismiques mais nous n’avons pas beaucoup de temps pour leur parler. Nous nous rendons dans un tout petit restaurant Newari auquel on accède par un escalier très étroit et raide pour déguster un excellent Chatamari (pizza népalaise) et ayant vu sur la place te le temple Bhimsen, construit au 17e siècle et consacré au dieu du commerce.

Autour20170118_0110 de cette place, on peut admirer la magnifique Peacock window datant du 15e siècle, ainsi que le temple Dattatreya.

 

Pour20170118_0115 terminer le tour de la ville, nous passons dans de petites ruelles pour aller voir les “pokhari”, des réserves d’eau qui malheureusement sont aussi pollués que tous les points d’eau que nous avons vu jusqu’à présent, avant de terminer par Taumadi tole, une très grande place avec d’imposants temples.

L’édifice le plus impressionnant, du haut de ses 30 mètres, est le Nyatapola, un temple datant de 1702 et construit, encore une fois, par un roi Mala. Le long des escaliers, les lions, éléphants et griffons, ainsi que les déesses Baghini et Singhini gardent le temple dédié à Durga (Paravati, la femme de Shiva) dans une version si terrifiante que seuls les prêtres de ce temple sont autorisés à entrer dans le sanctuaire.

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En chemin pour prendre le bus pour Nagargot, nous verrons d’autres merveilles et nous découvrirons même un jeu traditionnel : le bagh-chal. Il se joue avec 4 tigres qui doivent manger 5 chèvres, et 20 chèvres qui doivent encercler les tigres pour les bloquer. On a hâte de vous montrer !

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