Deuxième jour à Pokhara

Réveil difficile. La fatigue s’accumule et l’alarme sonne à 5h. Toute la clique descend les escaliers, encore à moitié endormie, pour s’installer dans le mini-bus qui doit nous emmener le plus haut possible sur Sarangkot. Le reste devra se faire à pied. Il s’agit d’un petit pic culminant à 1788m depuis lequel nous pouvons voir le soleil se lever sur le massif des Annapurnas. Mais avant cela, il faut grimper et comme il fait froid, on ne se fait pas prier.

Il n’y a pas grand-chose à dire sur cette montée car la nuit engloutit tous les alentours dans l’obscurité. Au fur et à mesure que l’on monte, une lune orange apparaît dans le ciel. C’est magnifique ! Un peu plus haut, on croise de plus en plus de personnes qui se dirigent au même endroit que nous : on comprend assez vite que nous allons devoir partager ce lieu mais on est encore loin de s’imaginer ce qui nous attend. Lorsque nous arrivons au sommet, une foule inimaginable se presse. Nous repérons une sorte d’escalier où nous allons nous installer. La vue époustouflante vaut largement la demi-heure de marche et le froid.

- Projection: Cylindrical (1) FOV: 76 x 35 Ev: 3.27

Seul (gros) bémol : les gens. Bruyants, sans gêne, hystériques et plus intéressés par les selfies que par la beauté du paysage, ils nous ont amèrement fait regretter de ne pas avoir apporté nos écouteurs. Malgré tout, lorsqu les premiers rayons du soleil viennent se refléter sur les pics enneigés, alors même que la vallée, toujours plongée dans l’obscurité, est encore endormie, peu importe la bêtise humaine.

Face à nous, d’ouest en est, le Dhaulagiri (8167m), le Machhapuchhare (6997m), l’Annapurna II (7937m) et le Lamjung (6983m), se réveillent sous nos yeux. Les couleurs sont spectaculaires. À l’ouest et dans la vallée, un pourpre sombre plonge encore le monde dans la nuit, alors qu’à l’est, une lueur rosée commence à émerger, puis prend la couleur de l’or, reflétée par la neige au sommet des pics. Finalement le soleil montre le bout de son nez, formant un disque de feu parfaitement circulaire qui perce la brume.

Lorsque20170113_0103 les enfants commencent à se plaindre du froid, nous décidons de redescendre. C’est une expérience que nous voulons absolument retenter, en solitaire si possible. La descente de Sarangkot est aussi magnifique maintenant que l’on voit clair.

Nous20170113_0109 traversons de petits villages très sympas même s’il est clairement visible que le tourisme a déjà commencé à transformer ce lieu. Tout au long du chemin, de petites boutiques vendent des souvenirs et quelques gamins sont envoyés par les adultes pour demander de l’argent en échange d’une photo.

Nous retournons à l’hôtel pour le petit déjeuner qu’on apprécie à sa juste valeur après cette matinée d’efforts. Les enfants sont fatigués et ne veulent pas aller visiter la vieille ville alors on décide de tenter l’aventure seuls via les bus locaux.

Le vieux centre est constitué d’anciennes maisons boutiques d’articles religieux à l’architecture Newari. On croise aussi quelques temples, puis il est déjà temps de rentrer pour partir au musée de la montagne. C’est dommage car les enfants ne prennent pas vraiment le temps de lire les informations.

 

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Musée de la Montagne – architecture thibétaine

Nous passons un moment à découvrir les peuples des montagnes népalaises : les Gurungs, les Tamangs, les Thakalis… Au milieu de la pièce, une expo photo compare les modes de vie dans les montagnes au Népal aujourd’hui et en France, dans les Alpes d’il y a 50 ans.

Les20170113_0145 similitudes sont frappantes : les même méthodes pour porter des charges, les même modes de déplacement, des techniques d’agriculture similaires… sauf pour labourer les champs. Les népalais semblent en effet en avance sur nous puisqu’ils utilisent un bœuf pour tirer les charrues alors que sur la photo française, ce sont des femmes qui tirent !

La salle suivante est consacrée à la géologie et à la formation de l’Himalaya. C’est la plus jeune chaîne de montagnes, formée au moment de la dérive des continent. La plaque indienne a rencontré la plaque asiatique. Depuis, elles continuent à s’écraser l’une contre l’autre, la plaque indienne poussant même la plaque asiatique à se déplacer de 2mm par année. Le mont Everest continue lui même à grandir. Lors de recherches géologiques, les fossiles qui ont été trouvés ont dévoilé que la roche qui constitue aujourd’hui le mont Everest se trouvait sous la mer dans le passé.

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Mandala réalisé par des Moines bouddhistes à l’aide de poudres colorées.

Une autre section du musée est consacrée à la faune et à la flore des montagnes népalaises mais Kushi vient nous chercher pour nous dire que tout le monde est déjà sorti. On passe rapidement par une expositions sur la légende du Yeti, puis pas la section sur les ascensions de l’Himalaya et les déchets laissés par les alpinistes avant de sortir.

Notre dernière destination pour la journée est la Pagoda de la paix mondiale (World Peace Pagoda), un temple, ou plutôt un monument, érigé par des moines Bouddhistes de la Japanese Nipponzan Myohoji Organisation pour promouvoir la paix dans le monde. Après plusieurs minutes à monter les escaliers qui y mènent, nous arrivons devant l’impressionnant bâtiment qui surplombe le lac Phewa. C’est assez calme. Le soleil décline à l’horizon et on entend le son sourd d’un moine qui frappe en cadence sur un grand tambour.

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Pour monter sur le bâtiment, nous devons retirer nos chaussures comme c’est le cas pour de nombreux lieux saints ici. L’édifice est gigantesque. C’est une stupa avec 4 imposantes statues de Bouddha placées sur chacune de ses faces. Chaque statue affiche une posture particulière et incarne l’une des facettes de Bouddha. Sous les figures, des légendes donnent quelques informations sur la vie de Bouddha (on vous recommande d’ailleurs le film « La Vie de Bouddha » pour ceux qui voudraient en savoir plus).

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Dans les grandes lignes, Siddhartha Gautama est né il y a 2500 ans de la reine Maya Devi et de Suddhodara, les souverains de Kapilavastu. La légende raconte que, lorsqu’elle était enceinte, Maya Devi tomba sur une petite mare entourée de sals en fleurs où elle décida de se baigner. C’est alors qu’elle se mit à commencer le travail : elle eut à peine le temps de marcher 25 pas et de prendre appui sur une Bodni (arbre) avant de mettre au monde l’enfant.

Après la naissance, un Seer (oracle) prédit que l’enfant deviendrait une grand professeur mais qu’il ne maintiendrait pas la dynastie, alors pour s’assurer que son fils prendrait un jour sa place, le roi décida de le couper du monde extérieur et de toute sa richesse. Siddhartha resta donc enfermé dans le palais, se maria et eut un fils. Son père pensa alors qu’il était impossible qu’il parte et décida de l’autoriser à sortir. Mais Siddhartha qui avait été enfermé toute sa vie n’avait qu’une obsession : partir à la découverte du monde et de la vérité.

Il quitta pour la première fois le palais à l’âge de 29 ans et rencontra un vieil homme malade. Ce spectacle de souffrance le bouleversa et il décida alors d’abandonner sa vie de luxe pour devenir mendiant et méditer sur le sens de l’existence. On vous laisse découvrir la suite à travers le film. C’est ce lieu que les enfants choisissent pour nous initier (très sommairement) à la méditation. Ce lieu impressionnant de beauté et de calme nous a beaucoup plu. Le lendemain, il est temps pour nous de rentrer à la maison.

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