Chitwan avec les enfants

Après une très courte nuit, nous quittons Chapali avec les 12 ados de la classe 9. Départ en mini bus à 6h pour arriver à Chitwan, le 1er parc national du Népal, après 159km en… 7h.

Le voyage n’est pas de tout repos. Les enfants n’ont pas l’habitude de voyager, et encore moins sur d’aussi longues distances. Une bonne moitié est malade pendant le trajet. Pour leur défense, la route secoue pas mal. La plupart des voies sont en fait des chemins rocailleux et même celles qui s’apparentent à de vraies routes sont criblées de nids de poule. La distance entre Katmandou et Chitwan n’est pas si grande mais les chemins sont difficilement praticables.

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Massif de Ganesh

Une fois sortis de Katmandou, on commence à monter, puis à descendre des cols. Au loin, on aperçoit des sommets enneigés. Pramod nous explique que c’est le pic de Ganesh. Un peu plus tard, le paysage commence à changer. Les montagnes laissent place à des falaises recouvertes de végétation luxuriante et grise de poussière. La brume s’abat doucement sur nous. Nous entrons dans le Teraï, la partie tropicale du Népal.

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Le tronçon de 36 km qui descend vers Chitwan est fermé à la circulation entre 10h et 14h en raison de travaux justement destinés à l’améliorer.C’est une partie assez longue et éprouvante du voyage mais les paysages aux alentours sont là pour nous le faire oublier : la brume au dessus de nos tête se lève peu à peu pour laisser voir des façades rocailleuses, ruisselantes de petites cascades qui courent se jeter dans la rivière Trishuli qu’on longe en contrebas. Un peu partout, les prémisses de la jungle commencent à apparaître. Nous restons un long moment sur cette partie de la route avant de finalement traverser les premiers villages de Chitwan. C’est assez différent de ce qu’on a pu voir jusqu’à présent : on voit beaucoup de petites fermes (probablement en terre), assorties de leurs édifices de paille.

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Le mur de l’hotel retrace l’histoire Tharu

Finalement, nous arrivons à l’hotel où un délicieux Dal-Bhat nous attend. Après une petite pause, nous partons pour une petite promenade qui commence dans l’hôtel-même. Le gérant nous donne quelques informations sur l’histoire de la région. Chitwan est composé de 2 mots provenant de la langue Tharu : « Chit » et « wan » qui signifient respectivement « coeur » et « jungle ». Il nous explique que les Tharu sont les plus anciens peuples de Chitwan, probablement présents depuis des temps préhistoriques, et nous montre les fresques de l’hôtel qui illustrent quelque-uns des aspects de la vie chez les Tharus.

 

Le lieu était très prisé par les anglais qui, lorsqu’ils étaient présents en Inde, faisaient le voyage jusqu’à Chitwan pour des parties de chasse. Ce fut notamment le cas du roi Georges. A cette époque, la région devient populaire et beaucoup de personnes viennent d’autres régions pour s’y installer, volant les terres de Tharus et les faisant reculer toujours plus dans la jungle. Un peu plus tard, une épidémie de malaria va mettre fin à cette « invasion » : avec le temps, les Tharus ont développé une immunité contre la malaria qui est désormais génétique. C’est le seul peuple connu à ce jour qui soit génétiquement résistant à la malaria. On en apprendra plus sur ce peuple dans la soirée et le lendemain. Finalement, le gérant explique que Chitwan est le premier parc national du Népal, créé une dizaine d’année seulement après celui de Yellowstone, qui est le premier du monde. Il est déclaré comme héritage mondiale au patrimoine mondiale de l’UNESCO depuis 1973.

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Après cette introduction historique, il est temps de commencer notre promenade. Pour cela, nous sortons de l’hôtel et nous rendons dans une zone qui longe le parc national. On commence par rendre visite aux éléphants appartenant à l’État : ils sont utilisés pour les patrouilles dans la jungle. C’est très impressionnant. Nous en apprenons un peu plus sur ces géants dont la trompe coompte plus de 40000 muscles à elle seule. On nous explique quelques-unes des différences entre les éléphants d’Asie et ceux d’Afrique : les premiers ont un dos de forme convexe, sont un peu plus petits, et ont de petites oreilles, alors que c’est tout l’inverse pour les éléphants d’Afriques. Après quelques photos et quelques minutes passées à s’émerveiller devant, nous continuons notre chemin.

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Un peu plus loin, des déjections de rhinocéros nous attendent, ainsi qu’un gros insecte rouge appelé « coton bug ».

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On arrive ensuite à une rivière que l’on longe avant de tomber sur une très grosse surprise : un rhinocéros broute tranquillement sur l’autre rive. Sa peau ressemble à une armure.

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On aurait aimé le voir de plus prêt mais ces grosses bêtes ont apparemment tendance à charger. On reste un moment à admirer le mastodonte, puis c’est reparti.

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Nous continuons à longer la rivière où l’on voit passer beaucoup d’oiseaux qu’on n’a jamais vus et dont on ne connaît pas les noms (certains seraient des lovebirds et des flamants). Il vaudrait mieux pour eux qu’ils n’aillent pas se poser sur l’autre rive car des crocodiles y font paisiblement la sieste.

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Le coucher du soleil sur la rivière est magnifique mais pas comparable à celui que nous avons vu plus tard dans la savane. Déjà au début de notre petite marche, nous avions remarqué la teinte particulière de la lumière : on se croirait en Afrique (bien qu’on y ait encore jamais mis les pieds ^⁾. La lueur est vive mais blafarde à la fois et nous parvient comme à travers une timide brume. A l’heure de se coucher, le soleil est un gros disque rouge qui se fait vite happer par la jungle au loin.

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Cette journée déjà riche en émotions se terminera par le spectacle de culture Tharu : dans leurs magnifiques costumes traditionnels, les Tharus entament leurs danses et nous expliquent la raison d’être de chacune. Pour la récolte, pour se protéger des animaux sauvages, … tout est prétexte à chanter et à danser. Les percussionnistes sont très impressionnants. Le seul bémol : les spectateurs sont atroces. Bruyants, irrespectueux et paresseux d’applaudissements, nous avons presque honte d’être parmi eux.

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A la fin, nous avons rejoint les artistes avec joie après avoir été invités à danser avec eux. Cette magnifique journée s’est terminée sur un excellent repas, mais malheureusement peu convivial. Il est un peu difficile de nouer des liens avec les ados de la classe 9 alors que nous nous attendions à un vrai moment de partage. Finalement, se sont des ados comme les autres qui souvent préfèrent leurs téléphones aux merveilles qui les entourent.

Nous espérons que les autres jours seront plus propices à tisser des liens car c’est quand même la première raison qui nous a poussé à participer à ce voyage.

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